
Sandrine LEDOUX Kinésiologue

Qu'est-ce qu'un réflexe archaïque?
Est-ce que certaines de ces expressions vous parlent ?
"Il ne tient pas en place sur sa chaise"
"Elle reste toujours dans son coin"
"Il n'arrive pas à se concentrer"
"Elle est toujours avachie sur sa table"
"Il pique des colères"
"Les étiquettes la grattent tout le temps"
"C'est un froussard, il a peur de tout"
"Elle casse la mine de tous ses crayons"
"A son âge, il fait encore pipi au lit"
Et si c'était des réflexes archaïques non intégrés ? Mais alors, qu'est-ce qu'un réflexe archaïque?
Un réflexe archaïque (ou réflexe primitif) est une réaction motrice automatique involontaire et immédiate en réponse à des stimulations sensorielles précises. Il est essentiel à la survie du fœtus in utero ainsi que celle du nourrisson pour son dé veloppement futur. Ces réflexes s’intègrent dans les premiers mois de vie en se transformant en mouvements volontaires.
Cependant, un réflexe peut ne pas s’être intégré ou s’être réactivé suite à un traumatisme émotionnel ou physique. Il est très fréquent de constater leur activité chez les consultants, quelque soit leur âge…
Par leur réactivation ou non intégration, les réflexes archaïques parasitent le comportement, le mouvement, la posture, la cognition et donc nos apprentissages élémentaires.
Lorsqu'ils sont actifs, les réflexes archaïques peuvent perturber le système proprioceptif, entraînant des contractions musculaires incontrôlées et des fausses informations sur l'état du corps. En effet, en présence de réflexes non intégrés, il y a perturbation, par contraction anarchique, de la chaîne musculaire postérieure. Ainsi, pour chaque activation d'un réflexe actif (suite à son stimulus qui lui est propre), un parasitage proprioceptif se met en place dans tout le système musculaire provoquant de fausses informations adaptatives.
Tout le système nécessaire aux acquisitions se trouve ainsi perturbé, recevant un grand nombre de fausses informations à traiter. De nombreuses recherches ont mis en évidence les relations entre les réflexes archaïques et les troubles d’apprentissages au sens large :
Quelques exemples concrets pour bien comprendre :
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-Réflexe Tonique Labyrinthique (RTL) et la posture : si ce réflexe est présent, dès que l'enfant baisse la tête pour lire, ses bras et ses jambes ont une tendance réflexe à se replier ou à s'étendre. L'enfant se tortille sur sa chaise. Pour l'enseignant, il est "agité" mais pour l'enfant, c'est une lutte physique permanente contre son propre corps.
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-Réflexe de Grasping (palmaire) et l'écriture : si ce réflexe est actif, la pression sur la paume avec le stylo, déclenche une fermeture involontaire des doigts. L'enfant serre fort son crayon, voire casse des mines régulièrement, a mal à la main, et son écriture est lente ou illisible (dysgraphie apparente).
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-Réflexe Tonique Asymétrique du Cou (RTAC) et la lecture : c'est le réflexe de "l'escrimeur". Quand l'enfant tourne la tête à droite, son bras droit veut s'étendre. Pour lire une ligne de gauche à droite, ses yeux doivent franchir la ligne médiane. Si le réflexe est là, les bras et les yeux ont du mal à se coordonner. Résultat : il perd sa ligne, saute des mots ou inverse des lettres (ressemblant à de la Dyslexie).
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-Réflexe de Moro : c'est le réflexe de survie (peur/sursaut). S'il n'est pas intégré, l'enfant est en état d'hyper-vigilance constante : le moindre bruit en classe le distrait, il est biologiquement incapable de rester concentré car son cerveau cherche en permanence un danger potentiel et est "en alerte", il secrète trop de cortisol et d'adrénaline, ce qui mène à une fatigue cognitive rapide et une impulsivité émotionnelle.
Cette méthode s'adresse également aux sportifs voulant augmenter leurs performances par une amélioration de l'équilibre postural et de l'acquisition du geste technique juste avec l'utilisation optimale de leur système musculaire.
Parfois, la cause de certains problèmes posturaux, à l’origine de douleurs chroniques et évolutives, sont la non-intégration d’un réflexe archaïque.
Si un réflexe ne s'éteint pas naturellement au début de la vie de l'enfant, il restera présent pour longtemps, perturbant, à sa manière, le schéma moteur et cognitif de façon plus ou moins significative.
Cette méthode démontre la présence des réflexes archaïques non intégrés et permet de le (les) réintégrer par des techniques novatrices (des mouvements rythmiques, des pressions isométriques, du travail sur la latéralité, des mouvements de Brain Gym, des jeux de sacs de grains etc.), simples et efficaces.
Ces mouvements appris en séance seront à pratiquer lentement, 5 à 10 minutes chaque jour, pour permettre au cerveau à chaque répétition de l'exercice, de créer de nouveaux chemins neuronaux.
C’est ainsi qu'elle remet la personne sur les rails de l'apprentissage optimal, de la non-douleur et du geste juste.